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 Analyser un roman

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ADNANE

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Date d'inscription : 20/05/2008
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MessageSujet: Analyser un roman   Mer 21 Mai - 11:12

Introduction:

Un roman est une œuvre narrative en prose. C'est un récit d'imagination. Lire un roman de façon approfondie implique d'être attentif à ses éléments constitutifs afin d'en dégager le sens. Un récit est une suite d'événements passés rapportés par un narrateur. Il se présente sous la forme d'une suite d'épisodes dont l'enchaînement constitue l'intrigue. En plus, le récit rapporte des événements en les inscrivant dans un cadre spatio-temporel. L'intrigue s'inscrit dans la durée à travers les passages narratifs; les passages descriptifs l'inscrivent dans l'espace. Enfin, le personnage provoque, à travers le dynamisme de ses actions ou de ses projets, le dynamisme de la lecture. Comme s'il était un être réel, il a une origine sociale, une famille, un travail, un caractère. Bref, voici les principaux points qu'on doit repérer dans un roman...

I- Les étapes du récit:

Un roman est constitué d'actions qui s'organisent en une intrigue. Cette intrigue est composée de séquences, c'est-à-dire de passages qui forment une unité sur le plan du temps, des lieux, de l'action et des personnages. On a pu constater qu'une intrigue romanesque possédait une structure-type, commune à tous les récits. Elle peut être représentée par un schéma appelé schéma narratif simple qui prend en compte la succession logique des événements comme suit:
Un état initial qui définit le cadre de l'intrigue: il met en place le lieu, l'époque, les personnages...
Un événement perturbateur ou modificateur qui remet en cause l'état initial: rencontre, découverte, événement inattendu...
Une suite de transformations modifie la situation des personnages: elles peuvent prendre la forme de péripéties, de rebondissements ou de coups de théâtre.
Un événement équilibrant ou élément de résolution qui annonce la résolution de l'intrigue.
L'état final est celui, heureux ou malheureux, des personnages à la fin du récit.
Ce modèle, à l'origine de toute invention narrative, peut être plus ou moins modifié; certaines étapes peuvent être difficiles à reconnaître, ou leur ordre changé. Mais retrouver et analyser ce schéma permet d'enrichir l'étude du roman. On s'intéressera surtout aux variantes de cette structure fondamentale.

II- Les formes de l'intrigue:

1. L'intrigue unique:
Elle présente l'histoire d'un personnage, du déclenchement de l'intrigue jusqu'à sa résolution. Elle fonctionne selon le principe du schéma narratif. Cette forme d'intrigue, très resserrée, est souvent utilisée dans la nouvelle.

2. L'intrigue complexe:
Un lien unit plusieurs intrigues. Le lecteur peut suivre simultanément l'histoire de plusieurs personnages dont les destins se rejoignent ou se croisent. La multiplication des personnages a tendance à rendre l'intrigue plus complexe (le roman feuilleton).

3. L'enchâssement:
Il permet de développer des intrigues secondaires à l'intérieur de l'intrigue principale, lorsque par exemple un personnage raconte sa propre histoire. Les modes et les niveaux de narration alternent alors: le récit-cadre est pris en charge par un narrateur premier tandis que les récits enchâssés sont pris en charge par un autre narrateur.


III- Les modes de narration:

Le narrateur ne se contente pas de rapporter des événements, il les organise en fonction d'une logique propre, le plus souvent l'ordre chronologique de leur déroulement. Différents modes de narration permettent au lecteur de prendre connaissance de l'histoire racontée.

1. Le narrateur-personnage:
Ou bien il est le narrateur de sa propre histoire, qu'il raconte à la première personne. Ce mode de narration est celui de l'autobiographie. Ou bien il n'est qu'un personnage secondaire de l'histoire, voire un simple témoin. Ce mode de narration donne l'illusion que l'histoire racontée s'est réellement déroulée.

2. Le narrateur qui raconte à la troisième personne:
Il ne manifeste sa présence que par des interventions ponctuelles. Dans ce cas, il n'est pas un personnage et ses interventions à la première personne apparaissent comme des intrusions du discours dans le récit. Il effectue alors un va-et-vient entre le moment de la narration et l'époque de la fiction.

3. Le narrateur invisible:
Il est totalement extérieur à l'histoire racontée et la première personne n'apparaît jamais dans le récit.

IV- L'espace

Un roman peut présenter un espace ouvert et des lieux diversifiés ou bien un espace restreint et un lieu unique. L'espace donne un sens au roman. On cherchera à définir la fonction des différents lieux dans le roman en établissant par exemple un réseau d'oppositions.
Les choix effectués par un auteur peuvent offrir de nombreux aspects symboliques. Un lieu, par exemple, peut symboliser l'enfermement; une période comme la nuit peut signifier l'angoisse; une saison la tristesse ou le bonheur. Cette période, cette saison peuvent refléter l'état d'esprit du héros.

V- Le temps:

Un roman peut s'inscrire de façon très précise dans une époque, comme presque tous les romans historiques; ou bien accorder au contexte historique une place secondaire (c'est le cas, par exemple, de certains romans psychologiques).

Étudier le temps dans un roman conduit à évaluer la durée des événements rapportés. Cette durée peut être brève ou au contraire étendue.

Une narration ne rapporte pas toujours les faits dans leur déroulement chronologique. L'ordre de succession des événements peut s'interrompre pour laisser place à un « retour en arrière ».
Lorsqu'une période de temps n'est pas racontée, on dit qu'il y a ellipse dans le récit. L'ellipse met en valeur le fait qui la suit en attirant l'attention du lecteur.

La temporalité dans le roman dépend également de la vitesse du récit. Il est important de mettre en relation la durée de la fiction et la longueur de la narration. Une longue période peut être racontée en quelques mots. Au contraire, une rencontre de quelques minutes peut donner lieu à une narration de plusieurs pages. Ces variations suggèrent une hiérarchie dans les faits et donnent au roman son rythme propre.

Le rythme du récit dépend enfin du mode adopté pour raconter:
soit plusieurs événements diffus et dispersés dans le temps sont envisagés et rassemblés dans la narration. On a un résumé.
soit une action ponctuelle est rapportée comme si elle se déroulait « en temps réel ». On a alors une scène. Dans le roman, résumé et scène alternent en général.

VI- La focalisation interne:

Dans un récit à la première personne: le narrateur a une perception qui ne va pas au-delà de lui-même. Le foyer de perception, grâce auquel le lecteur prend connaissance de l'histoire, est réduit. La vision est limitée et subjective. On parle alors de focalisaton interne.
Dans un récit à la troisième personne: ce type de focalisation est utilisé ponctuellement: le narrateur peut faire percevoir la scène à travers le regard ou les pensées d'un personnage.

VII- La focalisation externe:

Certains récits placent le narrateur en position de témoin extérieur à l'action et aux personnages. Le lecteur ne dispose que d'un foyer de perception restreint, limité aux dialogues et aux gestes des personnages.
Ce point de vue donne une impression d'impartialité et d'objectivité car la réalité décrite se limite à son apparence extérieure. Ce choix narratif est déterminant dans les premières pages d'un roman, l'incipit.

VIII- La focalisation zéro:

Le narrateur est le plus souvent omniscient. C'est-à-dire qu'il a une vision d'ensemble de l'espace et du temps romanesques: il connaît tout de ses personnages et fait partager son savoir au lecteur, n'hésitant pas à commenter ou à donner son opinion sur l'action. Ce point de vue permet au romancier de donner une vision illimitée de l'intrigue et des personnages. Le lecteur connaît alors les pensées et les actes, le passé et le présent, comme s'il était situé au-dessus de tout. C'est le « point de vue de Dieu ». Le lecteur sait ce qui se déroule dans un lieu et peut également, dans le même chapitre ou dans le chapitre suivant, découvrir l'action dans un autre lieu, au même instant.


ADNANE
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