Langue & littérature Françaises

Langue & littérature Françaises, Djelfa (Centre Universitaire Ziane Achor) - Algérie
 
AccueilFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 La poésie: Le sonnet

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
ADNANE

avatar

Messages : 8
Date d'inscription : 20/05/2008
Age : 31

MessageSujet: La poésie: Le sonnet   Mer 21 Mai - 10:59

I- Qu'est-ce que le « sonnet » ?
Le sonnet est un petit poème destiné à renfermer une pensée intéressante, profonde ou gracieuse, qui se prépare dans les onze premiers vers, et qui se manifeste dans les trois derniers, en présentant quelque chose de frappant et de relevé.

La forme mécanique ou artificielle du sonnet, qui consiste dans l'arrangement et la qualité des rimes, est absolument invariable. il est composé de quatorze vers de même mesure. Les huit premiers sont partagés en deus quatrains et roulent sur deux rimes. Les six derniers vers forment deux tercets avec trois rimes différentes. Le premier tercet commence par deux rimes semblables; l'arrangement des quatre derniers vers est arbitraire. Le sens doit être complet après chaque quatrain et chaque tercet.

Boileau a bien exprimé les principales règles de la structure matérielle du sonnet, lorsqu'il a dit qu'Apollon

Voulut qu'en deux quatrains de mesure pareille

La rime avec deux sons frappât huit fois l'oreille,

Et qu'ensuite six vers artistement rangés

Fussent en deux tercets par le sens partagés.

Quand le sujet du sonnet est grave et sérieux, on doit y employer des vers alexandrins; quand il ne l'est pas, on peut employer des vers de dix, et même de huit et de sept syllabes. Le sonnet paraît être le cercle le plus parfait qu'on puisse donner à une grande pensée, et la division la plus régulière que l'oreille puisse lui prescrire.




II- Les qualités que doit avoir un sonnet:
Outre les règles précédentes, qui regardent la forme mécanique du sonnet, il y a des règles très importantes qui concernent sa forme naturelle. Boileau nous apprend, en effet, que le dieu des vers,

Voulant pousser à bout tous les rimeurs françois

Inventa du sonnet les rigoureuses lois.

Partout de ce poème il bannit la licence;

Lui-même en mesura le nombre et la cadence,

Défendit qu'un vers faible y pût jamais entrer,

Ni qu'un mot déjà mis osât s'y remontrer.

Ainsi, tout doit être exact, poli, châtié dans ce petit poème. On n'y souffre ni le moindre écart du sujet, ni un vers faible ou négligé, ni une expression impropre ou superflue, ni la répétition du mêma mot. La précision et la justesse des pensées, l'élégance des expressions, l'harmonie des vers, la richesse des rimes n'y doivent rien laisaer à désirer. En un mot, tout doit y être d'une beauté achevée. On trouve cependant des sonnets dont le sujet n'est pas si relevé: le style est alors nécessairement dans le genre simple.





III- Quelques sonnets:
Le sonnet suivant, quoique dans le genre simple, n'est pas sans mérite, parce qu'il fait connaître les règles du genre, et donne ainsi le précepte et l'exemple:



Doris, qui sait qu'aux vers quelquefois je me plais,

Me demande un sonnet, et je m'en désespère;

Quatorze vers, grand Dieu! le moyen de les faire?

En voilà cependant déjà quatre de faits.


Je ne pouvais d'abord trouver de rimes, mais

En faisant, on apprend à se tirer d'affaire.

Poursuivons, les quatrains ne m'étonneront guère,

Si du premier tercet je puis faire les frais.


Je commence au hasard, et si je ne m'abuse,

Je n'ai pas commencé sans l'aveu de la Muse,

Puisqu'en si peu de temps, je m'en tire si net.



J'entame le second et ma joie est extrême;
Csr des vers commandés, j'achève le treizième.

Comptez s'ils sont quatorze, et voilà le sonnet.

(L'abbé A. Piron)



En voici un autre sonnet plus littéraire. Il est intitulé « Le beau voyage »:



Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou comme celui-là qui conquit la toison
Et puis est retourné, plein d'usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son âge!


Quand reverrai-je, hélas ! de mon petit village
Fumer la cheminée, et en quelle saison
Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,
Qui m'est une province, et beaucoup d'avantage?

Plus me plaît le séjour qu'ont bâti mes aïeux,
Que des palais romains le front audacieux,
Plus que le marbre dur me plait l'ardoise fin ;

Plus mon Loire gaulois que le Tybre latin,
Plus mon petit Liré que le mont palatin,
Et plus que l'air marin la douceur angevine.


ADNANE
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www2.TonWoW.com
 
La poésie: Le sonnet
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Sonnet du trou noir
» Le sonnet
» Epaules-Nues en sonnet (sur le modéle des sonnets de Thunderbird et Myrrha)
» Fausse ronde Sonnet N° 6 Un compagnon de route
» Sonnet du trou noir

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Langue & littérature Françaises :: Genres littéraires-
Sauter vers: